Elle est une vieille femme, maintenant. Une grand-mère. Ses petits-enfants jouent dehors. Elle les regarde par la fenêtre. Ses yeux se plissent et s’humidifient. Ils s’amusent avec un ballon. Un ballon…

Ils sont jeunes, des enfants. Eté 42. Ils jouent tous ensemble. La guerre et ses privations ne les atteignent pas. Ils ne craignent pas les uniformes, les claquements de bottes, les injures, les regards à la dérobée des voisins. C’est le monde des adultes, le leur est fait de tartines, billes, patins à roulettes et genoux écorchés.

On chuchote sur leur passage, on les désigne du doigt parce qu’ils brillent plus que les autres, avec ce morceau de tissu jaune. On les fuit. Les gens n’aiment pas s’approcher de trop près des étoiles. Auraient-ils peur d’être illuminés ?

Les enfants ressentent l’angoisse des adultes quand ils parlent des mesures prises contre les étoiles, quand ils doivent se cacher pour échapper aux policiers. Ils voient bien que ce morceau de tissu jaune n’est pas un déguisement. Mais tôt ou tard, l’envie de s’amuser est plus forte que tout le reste.

Aujourd’hui, jeu habituel sur le terrain vague, seul endroit dont l’accès leur est encore autorisé pour jouer, car il est à l’écart de la ville : le ballon vole, passe de mains en mains, rebondit. Elle ne joue pas, parce qu’elle est une jeune fille de 16 ans. « Les jeunes filles ne jouent pas au ballon, Rachel. Elles apprennent à devenir de bonnes épouses. » Elle n’a pas envie d’apprendre à faire des latkes ou à repriser des chaussettes, elle veut s’amuser à courir derrière le ballon avec les autres.

Alors Rachel boude, et se cache pour échapper aux appels insistants de sa mère. Les autres enfants jouent au ballon dans un terrain vague, loin des parcs interdits aux étoiles. Et elle est perchée dans un arbre, cachée par le feuillage. A l’abri des promesses de devenir une épouse accomplie et une mère parfaite.

Sa vision se trouble, des larmes commencent à frayer leur chemin. La vieille femme ferme les yeux pour redevenir la jeune fille boudeuse qui refuse de grandir et veut juste jouer…

Les petites étoiles courent après le ballon, se bousculent, rient. Jusqu’au moment où tout s’arrête, en quelques secondes.

Des camions arrivent. Uniformes, claquements de bottes. Injures, ordres. Pleurs, cris.

Puis plus rien. Silence, pas un bruit. La nuit tombe. Les petites étoiles se sont évaporées. Personne ne l’appelle avec insistance depuis la cuisine pour préparer les latkes.

Le ballon est seul sur le terrain vague. Une petite étoile abandonnée l’observe depuis sa branche. Ses jambes écorchées par le tronc la portent avec difficulté.

La vieille dame se souvient avec rage de ses voisins qui indiquent qu’il en manque une, la plus grande, et qu’il faut la chercher.

Jeu de cache-cache dans les rues. Les uniformes ne doivent pas la trouver. Ce n’est plus un jeu, la peur l’électrise. Qu’a-t-elle fait pour mériter cette traque ? Elle n’est pas une criminelle. Elle se recroqueville, se serre contre le ballon. Il fait froid dans la grange abandonnée. Les claquements de bottes. La porte qui grince. Chuchotements des voisins. On l’a vu entrer, elle est là.

Elle voudrait se fondre avec le mur, ou rentrer sous terre. Rien ni personne ne la protège. Les claquements de bottes se rapprochent.

Plus que trois pas.

Presque deux.

Un.

Les bottes s’immobilisent. Chaque partie de son corps est paralysée par la terreur.

Lumière éblouissante.

Elle s’agrippe au ballon de toutes ses forces. Aveuglée, ne voit plus que le faisceau éclatant d’une lampe braquée sur elle, qui l’emprisonne. Il n’y a plus d’échappatoire.

Le petit astre se lève. On la prend par le bras, on la secoue. Injures. Elle ne sent plus rien autour d’elle. Il n’y a plus d’agitation, la traque est terminée. L’animal captif, c’est elle. La jeune fille referme les paupières pour s’isoler de ce monde tout en contraste. Pour entendre les cris de joie. Le ballon qui rebondit. Sentir l’odeur des latkes. Pour survoler toute cette scène qu’elle ne comprend pas. Elle voulait juste s’amuser avec les autres.

Une larme échappe à la vieille femme. Elle glisse au coin de l’œil, suit le sillon d’une ride pour finir par se perdre à la commissure des lèvres tremblantes.

La gare noire d’une foule hurlante et gémissante. Rachel est oppressée par ces familles qui se cherchent et s’interpellent. Par les uniformes qui les rabrouent, les frappent, refusent de répondre aux questions. La foule est poussée dans les wagons. Comme du bétail. L’ébranlement du train. Les pleurs de bébés.

Cinq jours dans la pourriture, les larmes, sans nourriture, sans eau, sans rien.

Juste les cris, les râles, les gémissements.

Plusieurs étoiles s’éteignent. Des enfants, des vieillards. Ils sont jetés sur les rails. Ils ont les yeux tournés vers le ciel. Plus jeune, Maman lui avait expliqué que les gens allaient au ciel quand ils arrêtaient de bouger, de parler, de respirer, de rire, de chanter.

Pendant tout le voyage, des questions jaillissent des bouches hébétées, au milieu de la crasse et de la puanteur omniprésentes :

Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? Pourquoi. Où va-t-on? Qu’est-ce qu’on va devenir ?

Elle ne sait pas, elle se contente de survivre. Ce n’est pas une aventure, ce n’est plus un jeu qu’on peut interrompre quand les parents appellent par la fenêtre. Elle ne voit ses parents nulle part. Personne.

Le train s’arrête. Enfin.

Elle descend, les membres engourdis. La lumière artificielle qui crée une ambiance fantomatique lui fait cligner des yeux, et rapidement le froid la paralyse.

Les soldats hurlent et son ballon lui est arraché. Mais elle ne finit pas avec les autres enfants. Une fois de plus, elle est trop grande pour partir jouer avec eux. Mais elle ne proteste pas, trop épuisée et terrifiée par cette atmosphère qu’elle ne comprend pas et son avenir incertain.

On la désigne du doigt en hurlant, et elle va rejoindre les autres femmes. La suite est d’une brutalité étourdissante : les vêtements arrachés, les cheveux qui tombent sur le sol, la nudité forcée et humiliante, les espèces de loques infâmes mangées par les mites, vestiges d’une période sans étoile à coudre,  dont le tissu ne protège de rien, et surtout pas du froid, de la terreur, ou de l’humiliation. Sa peau est maltraitée par l’encre et ces numéros qu’on la force à adopter.

La vieille femme enfouit son visage dans ses mains tandis que des larmes lui glissent le long du coup. Pourquoi ?

Les coups, sans raison, distribués par des bottes ou d’autres pyjamas rayés qui endossent la cruauté à leur tour ? Encaissés sans un mot.

Le travail d’esclave, dans le froid, sans pause, sans considération? Exécuté sans faiblir.

Les privations, la nourriture quasi inexistante, le manque d’intimité ? Subis sans sourciller.

Les nuits ? Une seule minute réservée aux pleurs et aux lamentations, au désespoir de finir un jour en fumée, à la peur qu’un jour son corps se dérobe et la trahisse. D’autres filles de son âge ont disparu. Le typhus n’a que faire de la jeunesse et de l’injustice des camps, et s’attaque aveuglément à qui il veut.

Puis, malgré les insectes rampants, l’odeur, la paillasse dure, l’estomac qui grommelle et devient plomb, son corps et son esprit sombrent dans un sommeil profond, plus proche du coma que d’un instant réparateur et bienfaisant. Pas même l’occasion de rêver à « l’heureuse vie d’avant ». Il vaut mieux, puisqu’il n’y aura plus jamais de vie d’avant.

Petit à petit, la jeune fille devient un automate, qui ne réfléchit plus et ne boude plus. Ils ont réussi, elle n’est plus un être humain. Cette vie l’a endurcie, elle a grandi trop vite. Rachel, celle qui voulait courir derrière le ballon avec les autres, n’est plus. Elle s’est éteinte, comme les autres étoiles.

A la libération du camp, aucune manifestation de joie bruyante comme on se l’était tous promis. Personne n’en a la force. Elle franchit les portes, enfin, avec les autres prisonnières, sous l’œil compatissant des soldats venus les libérer, qui tentent péniblement de masquer leur effroi devant cette parade de squelettes sur lesquels une enveloppe charnelle semble avoir été tendue maladroitement.  On tente de distribuer les fantômes du camp vers les membres de la famille, les amis. Il n’y a personne pour elle, aucun membre de sa famille n’est revenu. Alors elle se tasse un peu plus dans un coin, et finit par sombrer. Puisque personne ne veut d’elle, autant disparaître.

Ce sont les anges de l’hôpital qui la sauvent. Elle ne voulait pas continuer à survivre, être sortie du camp lui semblait la meilleure fin possible. Ne plus se faire frapper, rabrouer et affamer aurait suffi mais non, son corps a repris le dessus quand sa tête avait abandonné. « Tu es jeune, il faut vivre, tu n’as pas le choix ! »

La vieille femme tremble. De rage. De haine. Les larmes cessent. Elles ont trop coulé et n’ont jamais fait revenir personne, encore moins sa jeunesse sacrifiée.

Comment redevenir un être humain, quand on est traité comme de la vermine, quand le bétail est mieux traité que vous ?

Il a fallu réendosser son identité après avoir longtemps été désignée par un numéro qu’elle devait réciter en allemand plusieurs fois par jour.

Puis passer outre cette considération abyssale qu’elle a eu de l’humanité, avec cette vision réduite aux pleurs, à la misère, aux cris de désespoir, aux insultes, aux ordres, aux coups.

S’obliger à effectuer le retour à une société « civilisée », où les enfants ne sont pas arrachés aux bras de leur mère pour partir vers la mort, où l’on ne voit pas chaque jour vécu comme une punition divine. Ne plus se réveiller chaque matin en éprouvant ce désespoir de ne pas être morte pendant la nuit.

Accepter que tant de questions soient sans réponses, que tous ces « pourquoi » soient orphelins de « parce que », elle-même privée de ses parents.

Personne ne l’écoute, quand elle crie ce qu’elle a vu : des vieillards agonisant, des enfants qui disparaissent, des hommes qui pleurent de douleur. La fumée, l’odeur âcre, les cris. Non, à notre époque, ce genre de choses n’existe plus, c’est impossible. Personne pour l’écouter, car ce qu’elle dit dépasse les limites de l’horreur et de l’imagination.  

Il faut se taire, car on dérange la reconstruction du pays et la promesse d’un avenir meilleur. Les lendemains qui chantent ne peuvent pas être parasités par des récits du pire de l’être humain. On est trop occupé à glorifier la Résistance qui a fini par triompher. Il faut serrer les poings en passant devant les voisins qui ont chuchoté devant la grange, et constater qu’elle n’a plus aucune force ni envie de se battre. A quoi bon.

Quand elle descend dans les rues il n’y a plus d’étoiles. Le cauchemar est fini. Mais sa vie est détruite.

Mariages, naissances, elle a tout fait pour avoir une vie normale, pour oublier, pour que la barbarie ne gagne pas, et pour que personne ne voie ce numéro sur son avant-bras. Marquée au fer rouge, pour être sûre que le camp restera gravé en elle si jamais elle ose survivre à cette déshumanisation.

A chaque période, chaque nouvel « heureux » évènement, personne de sa famille pour la conseiller, l’assister, lui raconter des anecdotes. Ils sont tous partis en fumée.

Il lui suffit de voir des enfants jouer au ballon pour que le souvenir la poignarde de nouveau, et que la réalité l’assaille. Elle n’a découvert que bien après le sort des enfants qui avaient encore l’âge de jouer. Des chambres à gaz pour ne plus que les ballons rebondissent et que les poupées ne soient plus cajolées.  

La vieille femme est toujours debout devant la fenêtre. Elle lève le bras pour essuyer ses larmes. Sa manche remonte juste assez pour la faire apparaître, cette encre vert/bleu. Des chiffres qui ont servi d’identité à des millions de personnes massacrées.

Qui est-elle, après toute ces années ? Rachel, ou un matricule ?

Elle a accepté, bien des années plus tard, de revenir au camp, pour une commémoration. Accompagnée de sa fille prof d’histoire et de ses élèves. « Il faut que tu témoignes, maman, tu comprends ? Tu es une des survivantes de l’Holocauste, après toi plus personne ne pourra le faire. » Avant, on lui demandait de se taire parce qu’elle gênait, maintenant il faut parler parce qu’elle est importante. La société est décidément régie par une logique qui lui échappe au fil des années.

 Elle a tenté d’expliquer dans le bus ce qui s’était passé, ce qu’elle avait vu et vécu, devant ces esprits jeunes qui se sentent invincibles. Mais les mots hors du temps et du contexte ne suffiront jamais pour dépeindre l’antichambre de l’inhumanité de certains humains. Ils l’ont écoutée, respectueusement. Quelques larmes et grimaces d’effroi. Des airs interloqués quand elle parle des voisins qui l’ont dénoncée, des insultes fusent. Elle s’émeut devant leur esprit de révolte : le sien a été annihilé à coups de famine et d’épuisement.

En franchissant dans l’autre sens les débris de la porte d’entrée du camp, elle peine à reconnaître l’endroit qui a assassiné les écoliers du terrain vague, sa famille et ses amis. Il ne reste presque plus rien, et l’ambiance qui règne relève davantage de la veillée funèbre que du calme imposé par le devoir de mémoire. Même les fantômes du passé ont fui. La guide et sa fille guident les élèves au milieu des décombres et des quelques bâtiments qui restent debout. Elles commentent les panneaux de l’exposition. Aucun jeune ne bronche, ils semblent pétrifiés par l’Holocauste. Elle est régulièrement sollicitée par sa fille et la guide pour confirmer, ajouter une anecdote, raconter comment elle l’a vécu. Ses mots sont maladroits, mais ils paraissent hanter un peu plus les murs de béton. S’ils pouvaient parler, ces murs… Non, ils ne parleraient pas : ils hurleraient, gémiraient, sangloteraient, émettraient des sons humains qui ne peuvent sortir que de corps décharnés et d’âmes torturées.

              Une minute de silence est improvisée au milieu de la cour. Là où se tenaient les appels quotidiens, incessants, à réciter son numéro, à se faire injurier en grelottant. A mesure que les heures passent, elle parvient à retrouver certaines sensations de cet internement. En fermant les yeux, elle peut sentir cette odeur atroce qui se répandait en même temps que la fumée. Et entendre quelques sons lointains d’injures, de coups de feu, de travail forcé.

              Les élèves sont laissés devant une exposition des objets et de photos qui restent du camp. Alors qu’elle pensait être laissée à l’abandon sur un banc, ils sont plusieurs à lui demander de venir avec eux. Ils l’appellent « Madame Rachel », et ça la fait sourire. Comme s’ils avaient réussi à concilier le souvenir de la jeune fille et le respect dû à son expérience et son âge avancé. Avant, elle devait se cacher dans le feuillage d’un arbre pour observer les autres, maintenant ce sont eux qui viennent la chercher. Elle apprécie ce clin d’œil du destin et les suit pour commenter au fur et à mesure. Le tas énorme de valises, c’est parce qu’ils ont été dépossédés de toutes leurs affaires dès qu’ils sont arrivés.  Le tissu rayé, c’est un morceau de l’espèce de pyjama que certains portaient portaient. Les yeux s’écarquillent en voyant les photos de femmes au crâne rasé, et Rachel leur explique que c’était une partie de la déshumanisation.

« C’est une sensation que vous ne connaîtrez jamais, et tant mieux. D’être comme emprisonné, enchaîné par le froid et la faim. Votre corps est devenu une espèce de carcan qui vous torture à chaque instant, il souffre et en même temps refuse d’abandonner le combat complètement et vous force à endurer l’insupportable, encore et toujours. »

« Regardez, Madame Rachel, sur cette photo on voit des femmes qui viennent de se faire raser les cheveux, comme vous avez expliqué. » Tous restent silencieux et immobiles devant cette rangée de femmes au regard incrédule et hagard, qui tentent de cacher leur intimité avec leurs mains. « Elle est terrible cette photo, je me rappelle à quel point je me sentais vide et en même temps terrifiée. » Ils scrutent les visages et tentent de deviner comment elles s’appelaient, pour leur rendre un peu d’humanité. Soudain, elle se fige et ne répond plus à leurs suggestions. Ils tentent de lui secouer la main mais Rachel ne réagit plus à rien.

Sa fille accourt en les entendant crier : « Madame Rachel ? Madame Rachel, vous nous entendez ? », affolée à l’idée qu’elle est en train de faire un malaise. Elle aurait dû y penser, que le choc risquait de la tuer, mais quand on a vécu avec une mère qui ne semble n’avoir aucun souvenir heureux de son enfance, on se sent coupable de vivre la vie à pleines dents sous ses yeux. « Maman ? Maman tu vas bien ? Tu veux qu’on t’allonge ? On va trouver un médecin. »

Elle tressaillit en entendant sa fille l’appeler « Maman », et se rend compte que ses yeux sont larmoyants. Elle désigne d’un doigt tremblotant la femme qui est tout à droite sur la photo. « Vous l’avez reconnue, Madame Rachel ? » « Maman, qui c’est, cette dame ? »

« C’est ma mère. » Stupeur autour d’elle, car tout le monde avait bien compris que toute sa famille avait péri dans les camps de concentration, mais personne ne s’attendait à ce qu’une preuve ne se matérialise sous leurs yeux pour attester qu’ils étaient bien là. Sa fille avait trouvé des traces dans les registres, mais un nom sur un morceau de papier et la confirmation d’un fin dans une chambre à gaz et un four crématoire, c’est bien peu de choses pour résumer la vie des personnes qui l’ont entourée et choyée avant de se faire exterminer. Accompagnée par deux élèves, elle s’assied sur un banc pour tenter de surmonter le choc tandis qu’un halo de visages aux mines blafardes s’installe autour d’elle.

              Rachel finit par se redresser en voyant leurs visages soucieux, et esquisse un sourire pour les rassurer. « Finissons l’exposition, d’accord ? On trouvera peut-être d’autres traces de ma famille et puis je dois terminer votre formation de gardiens et gardiennes de ma mémoire. Retourne t’occuper des autres, ma chérie, ces jeunes gens et moi avons nos petites habitudes, maintenant. » Les élèves autour d’elles s’esclaffent et promettent à leur enseignante dont les traits se détendent un peu de bien s’occuper de Madame Rachel. Le périple initiatique continue, et elle constate, émue, qu’à chaque nouvelle photo ses petits disciples scrutent son visage pour vérifier que tout va bien, et qu’elle n’est pas confrontée une fois de plus à un fantôme du passé.

L’heure tourne. Les fantômes défilent. Les âmes rôdent.

« Tu viens, maman ? La guide nous emmène manger des latkes dans un restaurant qu’elle connaît bien, et on va envoyer les élèves se défouler avec un ballon avant de retourner dans le bus »

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